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Résumé et points de vue de lectures par Isabelle Desage (accompagnés de photographies, d'extraits de films, d'entretiens d'auteurs).

La Femme au miroir, Eric-Emmanuel Schmitt, 2011

La Femme au miroir, Eric-Emmanuel Schmitt, 2011

La Femme au miroir est un beau roman plein de sagesse et de sérénité qui dévoile le destin de trois femmes évoluant à des époques différentes et qui, au fil de leur vie, font faire la paix avec elles-mêmes pour aller vers ce qui les habite réellement : un rapport vrai et absolu à la spiritualité, l’écriture et la psychanalyse, des choix artistiques personnels.

Ces trois femmes découvrent leur véritable voie et renoncent au confort familial, marital et matériel, aux attentes de la société de leur temps, risquant parfois leur vie, comme c’est le cas pour Anne, la jeune béguine trop intelligente et clairvoyante pour son temps. L’une d’entre-elles, Hannah, aura le courage d’entreprendre une psychanalyse, à une époque où cette science n’en est encore qu’à ses débuts : la jeune femme s’extirpera d’une situation maritale mortifère, d’un confort engluant pour aller vers une rupture avec sa vie bourgeoise et à son tour, Hannah va aider les autres à se révéler à eux-mêmes en devenant « médecin des âmes ». Enfin, Anny, jeune star de cinéma qui a « tout pour être heureuse » comme lui déclare son agent, périclite dans un univers qui la dévore et la tue à petit feu, celui de l’argent, du paraître, de la déshumanisation des acteurs. Ces trois femmes ont en commun la rencontre avec la nature et leur intériorité que chacune nommera en fonction de son époque : Dieu, l’inconscient, les molécules et la chimie humaine.

Ce roman est apaisant malgré les difficultés rencontrées par les trois personnages. Il montre combien la vie est belle et précieuse, combien il est important d’apprendre à se connaître et de suivre son propre chemin plutôt que de se soumettre aveuglément à une prédestination sociale et familiale. Aussi, ce récit montre combien les mots et la rationalité, le monde des idées ne sont pas suffisants pour embrasser le monde : le coeur, les sensations, les émotions et les expériences sont essentiels pour saisir les subtilités du monde, de l’humanité ; les mots viennent dans un seconde temps :

« - Dieu est incommensurable. Il dépasse nos mots et nos notions. Quand une personne considère le langage suffisant, c’est qu’elle n’a ni senti ni découvert grand-chose. Quelle terrifiante pauvreté, pouvoir parfaitement s’exprimer… Cela indique qu’il n’y a rien à l’intérieur de soi, cela révèle une âme qui n’a pas franchi ses étroites limites. S’enchanter de discourir, c’est se réjouir de répéter. J’espère bien que je ne serai jamais satisfaite de mes phrases ou de mes idées... »

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