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Résumé et points de vue de lectures par Isabelle Desage (accompagnés de photographies, d'extraits de films, d'entretiens d'auteurs).

L'Ile, Vincent Villeminot, 2021, édition Poket jeunesse PKJ

L'Ile, Vincent Villeminot, 2021, édition Poket jeunesse PKJ

Livre lu dans le cadre du concours Chimère des lycéens 2021-2022.

 

Après avoir rédigé son roman lors d’une résidence d’écriture organisée sur l’Ile d’Aix, l’auteur voit dans un premier temps son récit publié sous la forme d’un feuilleton numérique lors du premier confinement du Covid 19, avant de trouver une unité romanesque aboutie. Ainsi, c’est en s’inspirant du cadre réaliste qui l’a entouré que Vincent Villeminot a laissé apparaître et se tisser un univers étrange qui va entraîner le lecteur dans une aventure qui se développe et s’accélère au fil des chapitres et des trois parties composant le roman.

Le lecteur assiste tout d’abord à la peur croissante des habitants de l’Ile face à des événements pour lesquels ils sont sans information. Puis, comme le spectateur d’une tragédie, le lecteur se mue en témoin impuissant qui observe le déroulement du combat des personnages face à un danger qui n’est pas celui attendu : attentat, maladie, catastrophe nucléaire. En réalité, le danger vient de l’humain, de la peur, ce sentiment grandissant et monstrueux capable de déclencher la violence, la haine, les meurtres de masse, le meurtre des siens.

A travers la voix du narrateur (personnage principal) qui se souvient des événements passés, le caractère fantastique de cette œuvre ouvre la voie à des scènes qui exposent le déroulement spectaculaire des meurtres intra-familiaux.

D’un point de vue symbolique, l’Ile pourrait représenter un microcosme constitué, au début de l’histoire, de personnes pétries de bonnes intentions. Mais ce lieu va agir comme un révélateur car, très vite, la nature humaine empreinte de peurs ancestrales et d’instincts primitifs va difficilement permettre le maintient d’engagements d’entraide et de générosité. En effet, la belle aventure commune face à l’adversité va se déliter pour faire place à l’épanchement de l’égoïsme, la jalousie et la violence ainsi que l’égotisme poussant certains personnages à jouer les héros au lieu d’accepter une situation avec patience et respect des consignes communes.

Si ce récit possède bien des qualités, je trouve qu’il est parfois un peu répétitif. Bien sûr, ces itérations peuvent créer un effet d’immédiateté et de cohésion entre l’écriture et la tension des personnages, leur réflexion, leur attente et hésitations. Mais il me semble que le récit pourrait gagner en efficacité avec moins de longueur. Aussi, le narrateur et personnage principal qui a 13-14 ans s’exprime de façon parfois très convenue dans un passé simple désuet. De même, certains mots de vocabulaire « bouter le feu » ou encore « mauvais garçon » (pour parler de son amie Louna) créent une sorte d’incohérence entre le récit et les discours rapportés plus contemporains, comme si le narrateur n’appartenait pas à la même époque que les autres personnages. J’ai eu l’impression que l’auteur écrivait davantage avec son imagination qu’avec la réalité langagière des adolescents.

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